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Le GESQ planifie deux universités d’été sur l’ESS dans l’agroalimentaire en Haïti, l’une en septembre 2015 et l’autre en septembre 2016

Par Gérald Larose et Yves Vaillancourt, en concertation avec les membres du CA du GESQ et les membres de l’Équipe de recherche évaluative (ERE) du projet Québec-Haïti d’ESS en agroalimentaire

Depuis dix ans, le GESQ organise des Universités d’Été (UE). La première UE a eu lieu à l’UQAM, en juin 2005. Elle s’inscrivait dans la démarche de préparation de la 3e Rencontre internationale sur la globalisation des solidarités qui devait se tenir à Dakar en novembre 2005. C’est dans le cadre de cette UE que le GESQ a décidé, avec le soutien financier de Développement & Paix (D&P), d’organiser la participation d’une délégation haïtienne de quatre personnes dont trois de l’intérieur à la Rencontre internationale de Dakar, ce qui fut fait.

La dernière UE du GESQ était la 7e  et elle a eu lieu à Shawinigan en avril 2013. Elle avait pour thème « la transformation de l’agroalimentaire pour nourrir la planète »1.
Jusqu’à maintenant, les sept UE du GESQ ont toutes eu lieu au Québec.

Dans le présent texte, nous résumons les principales caractéristiques des deux prochaines UE du GESQ (la 8e et la 9e). Ces deux UE porteront sur les avancées des pratiques d’ESS en Haïti et feront référence à un projet pilote en cours concernant l’ESS dans l’agroalimentaire et dans lequel le GESQ est impliqué avec l’UPA-DI et d’autres partenaires québécois et haïtiens. La 8e UE aura lieu à Longueuil le 11 septembre 2015 et sera un tremplin pour préparer la 9e UE qui aura lieu à Port-au-Prince en septembre 2016. Elle aura pour thème « les apports actuels et les possibilités futures de l’ESS dans l’agroalimentaire » en portant une attention spéciale au projet pilote en cours en Haïti en se demandant s’il constitue une innovation à la fois en matière de coopération internationale Québec-Haïti et de mode d’emploi de l’ESS pour renouveler le modèle de développement dominant.

Nous voyons la 9e UE comme le temps fort d’une démarche misant sur trois moments préparatoires qui témoigneront d’une forte collaboration entre le GESQ et des partenaires stratégiques québécois et haïtiens, pour renforcer le mouvement d’ESS en Haïti et faire avancer sa reconnaissance par les pouvoirs publics, tout en misant sur l’apport de la coopération internationale québécoise.

1 Voir le rapport : René Lachapelle et Nathalie McSween (2014). Transformer l’agroalimentaire pour nourrir la planète, Rapport de l’Université d’été du GESQ tenue à Shawinigan en avril 2013, GESQ, Montréal, 32 p.

 



 

Trois activités préparatoires à l'UE du GESQ de septembre 2016

I- Le 11 septembre 2015 : tenue de la 8e  UE du GESQ dans les locaux de l’UPA à Longueuil

Consultez la version provisoire du programme (version juillet 2015)

Cette UE permettra à la fois de rendre publics les premiers résultats de la recherche sur le projet pilote d’ESS en agroalimentaire (janvier 2014-décembre 2016) en cours en Haïti et de lancer la réflexion et la mobilisation concernant l’UE du GESQ de septembre 2016 en Haïti. Il permettra également de mettre en valeur ce qui advient du Fonds d’investissement solidaire international du Québec (FISIQ) lancé par le GESQ et l’AQOCI (Association québécoise des organismes de coopération internationale) en 2013.

Lors de son conseil d’administration du 9 avril dernier, le GESQ a élaboré une première esquisse de ce projet d’UE comprenant les éléments suivants.

  • Nous planifions réunir de 60-70 personnes de 9 à 15h30 heures, vendredi le 11 septembre 2015, dans la salle de conférence de l’UPA, sur le boulevard Roland-Therrien à Longueuil. L’UPA-DI a accepté d’assumer les couts de location de la salle et des équipements de communication dont elle dispose. Les couts d’inscription seront de 15$, ce qui inclura les frais du repas du midi.
  • Nous prévoyons que certaines personnes ressources participeront à l’UE à partir de Port-au-Prince grâce au moyen de la visioconférence. Cette formule permettra de renforcer la dimension internationale tout en comprimant les dépenses.
  • Quel contenu? Cette 8e UE du GESQ permettra de faire connaitre le projet pilote de l’UPA-DI et de FODES-5 en cours en Haïti et de communiquer certains résultats de la recherche évaluative concernant ce projet pilote. L’accent sera mis sur la mise en valeur de certaines composantes du devis de recherche de l’ERE (Équipe de recherche évaluative). Le déroulement de l’UE permettra de traiter successivement des questions suivantes : 1) Comment est-ce que l’expérience québécoise et l’expérience haïtienne d’ESS peuvent s’entraider pour favoriser l’innovation en coopération internationale et en ESS?  2) De quelle volonté témoignent les OCI québécois pour soutenir les expériences novatrices d’ESS en Haïti? 3) Quelle valeur ajoutée peut apporter la recherche évaluative participative dans des projets comme le projet Québec-Haïti d’ESS en agroalimentaire? En quoi ces pratiques de recherche évaluative et participative peuvent favoriser l’instauration de partenariats entre des acteurs universitaires et cégépiens (professeurs, chercheurs, étudiants) et des acteurs socioéconomiques?…
  • Le public cible visé? Les organismes de coopération internationale (OCI) québécois (comme L’œuvre Léger, CECI, OXFAM, SUCO, CISO, D&P, Alternative, L’Entraide missionnaire et d’autres membres de l’AQOCI)  qui ont eu ou ont présentement des projets de coopération avec des acteurs haïtiens de l’ESS dans l’agroalimentaire en particulier, mais aussi dans d’autres domaines. Les OCI visés seront à la fois des ONG et des mouvements sociaux québécois qui ont développé un bras international (UPA-DI, Desjardins International, SOCODEVI, le groupe MCE Conseil relié à la CSN, Fonds de Solidarité Sud, la Marche internationale des femmes, Parole d’Exclus, etc.). L’UE du GESQ de 2015 permettra de mobiliser et de sensibiliser à nos projets et à notre approche les OCI québécoises, les milieux universitaires, les CÉGEPs ayant des projets de coopération internationale (tels le CÉGEP de Jonquière et le CÉGEP Montpetit), les réseaux québécois d’ESS et des organisations de la diaspora haïtienne (Maison d’Haïti, Fondation Haïti partage, le GRAHN, etc.) et de la communauté québécoise engagées dans le reconstruction d’Haïti.  Nous aurons particulièrement le souci d’intéresser et de mobiliser de jeunes universitaires québécois et haïtiens qui ont de l’attrait pour contribuer à nos projets.
  • Comment favoriser la diffusion des débats? Nous comptons conférer de l’importance à la diffusion de l’activité en la planifiant soigneusement. D’abord en faisant en sorte que les présentations et délibérations soient enregistrées et filmées. Ensuite, en confiant à une professionnelle de recherche compétente la tâche de préparer un texte d’une trentaine de pages avec photos qui nous aidera à faire la diffusion des contenus et conclusions de l’UE par la suite. Enfin, nous comptons explorer la possibilité d’obtenir la collaboration de Canal Savoir et Web TV pour diffuser les délibérations de l’UE, tant au Québec qu’en Haïti dans les mois qui suivront l’activité. Nous pensons que les dépenses liées aux activités de diffusion mentionnées ci-dessus pourront être de quelques milliers de dollars et que nous pourrions demander à des partenaires comme les Œuvres Léger et la Caisse d’économie solidaire de nous soutenir à cet effet.

Ajoutons que le GESQ tiendra son assemblée générale annuelle à la fin de l’UE, dans les mêmes locaux, de 16h00 à 17 heures.

 

II- Octobre 2015 : Colloque national de D&P sur l’ESS à Port-au-Prince

Ce colloque national haïtien permettra à Développement et Paix (D&P) en collaboration avec ses partenaires haïtiens et québécois (dont le GESQ), de placer dans l’espace public haïtien un premier bilan de son projet d’entreprises d’ESS lancé en 20142 . Il permettra également de transmettre des informations sur le projet de l’UPA-DI et de FODES-5 dans la région de Labrousse et d’annoncer la tenue de l’UE du GESQ à Port-au-Prince en septembre 2016. Le GESQ participera éventuellement à cet évènement mais sans être impliqué dans son organisation. Notre participation au colloque de D&P nous permettra d’exprimer notre appui au projet de D&P, d’y contribuer dans la mesure de nos capacités, de faire connaitre notre projet et de tenir compte des préoccupations de D&P en référence à l’institutionnalisation de l’ESS en Haïti. En effet, pour D&P en Haïti, il importe de favoriser le passage de l’ESS de l’informel au formel en encourageant l’incorporation des entreprises d’ESS par l’État haïtien et en obtenant un support en provenance de politiques publiques novatrices et d’élus politiques sensibilités ou à sensibiliser à l’ESS. Il importe aussi de favoriser la collaboration des milieux universitaires (d’où les liens avec l’Université d’État d’Haïti) et des réseaux de la jeunesse. D&P en Haïti, à partir de son projet sur l’ESS, vise pas moins que de faire faire un virage institutionnel à D&P en tant qu’OCI, pas seulement en Haïti, mais dans d’autres pays.


2 La volonté de développer un partenariat stratégique entre le GESQ et D&P pour faire progresser la vitalité et la reconnaissance du secteur de l’ESS en Haïti a émergé à l’occasion de rencontres de partage ayant eu lieu à Port-au-Prince les 3 et 11 février 2015 avec la participation de Franklin Midy, Jean-Mary Louis, Gérald Larose, Émilie Fortin-Lefebvre) et à Montréal le 26 mars 2015 avec la participation de Franklin Midy, Gérald Larose, Yves Vaillancourt, Gilio Brunelli, Mary Durran et Christian Champigny. Une autre rencontre entre D&P, le GESQ et l’UPA-DI a eu lieu le 22 avril, dans les locaux de la Caisse d’économie solidaire, à l’occasion d’un séjour de Jean-Claude Jean au Québec. Y ont participé Jean-Claude Jean, Mary Durran, René Lachapelle, Gérald Larose, Franklin Midy et Yves Vaillancourt.

 

III- Aout 2016 : Forum social mondial à Montréal

Nous savons que le Forum social mondial (FSM) tiendra sa prochaine rencontre internationale à Montréal, en aout 2016, soit un mois avant la 9e UE du GESQ qui aura lieu à Port-au-Prince. Comme dans le cas d’autres FSM qui ont eu lieu depuis le premier de Porto Alegre en janvier 2001, il est prévu que 50 000 personnes participeront à l’évènement. Nous pensons que le GESQ, en partenariat avec l’UPA-DI et les Œuvres Léger se doit d’organiser un atelier d’une demi-journée pour faire connaitre son projet d’ESS en agroalimentaire dans la région de Labrousse et certains résultats de la recherche évaluative touchant ce projet. L’atelier permettra également de faire connaitre le projet d’UE qui aura lieu à Port-au-Prince un mois plus tard.

 

 



 

La 9e UE DU GESQ À PORT-AU-PRINCE À L’AUTOMNE 2016

Cette UE sera fortement internationale et aura lieu à Port-au-Prince. Elle s’étendra sur une durée d’une journée et demie. Elle portera sur le thème l’ESS et la souveraineté alimentaire. Elle visera à mettre dans l’espace public haïtien, caraïbéen,  latino-américain et québécois, un premier bilan du projet Québec-Haïti d’ESS en agroalimentaire dans le but de pérenniser le modèle innovateur de coopération internationale et d’ESS inhérent au projet et de diffuser ses acquis.

Nous devons poursuivre la réflexion pour planifier plus en détails notre projet d’UE en Haïti. Mais dans le moment, voici comment nous entrevoyons la première esquisse du projet en souhaitant que les discussions que nous aurons d’ici la fin du printemps permettront de les nuancer et de les approfondir.

Quels invités cibler?
Des acteurs socioéconomiques haïtiens à commencer par des femmes et des producteurs agroalimentaires engagés dans le projet de FODES-5; des dirigeants et acteurs de mouvements sociaux haïtiens concernés par l’ESS et l’agroalimentaire dans le département de Labrousse (cuisines collectives, coopératives pour collectiviser les ventes et les achats); des représentants et représentantes du mouvement paysan, du mouvement coopératif et du mouvement des femmes; des élus politiques nationaux, départementaux et locaux; des organismes québécois, latino-américains et européens de coopération internationale (D&P, CECI, Oxfam, SUCO, L’Œuvre Léger); des professeurs et étudiants des universités haïtiennes engagés dans des travaux sur l’ESS en agroalimentaire; des organismes québécois et haïtiens d’ESS, notamment dans le domaine de l’agroalimentaire (dont les Cuisines collectives) et des finances solidaires; le Secrétariat latino-américain de Caritas (SELACC) grâce à la collaboration d’Humberto Ortiz du CEAS (Commission épiscopale d’action sociale) et du GRESP (Groupe d’économie solidaire du Pérou); des réseaux d’ESS en agroalimentaire de la région des Caraïbes et de l’Amérique centrale. L’UE fera une place de premier choix aux organismes haïtiens et québécois avec lesquels l’UPA-DI et FODES-5  travaillent en Haïti, notamment dans la région de Labrousse : L’Œuvre Léger, Oxfam Québec, les Cuisines collectives etc. Les contacts privilégiés du GESQ avec le RIPESS-LAC, notamment en République dominicaine, au Costa-Rica et au Pérou seront mis à contribution. Dans le même sens, les liens privilégiés entre le GESQ et les RMB-FIDESS seront mis dans le coup, ce qui aidera à aménager une participation significative de la FAO et éventuellement d’autres organismes des Nations-Unies.

Quels seront les objectifs poursuivis?

  • Mettre dans l’espace public haïtien et Québécois les pratiques d’ESS en agroalimentaire déployées dans le projet pilote et contribuer à leur diffusion en Haïti.
  • Mettre dans l’espace public et soumettre au débat les résultats disponibles de la recherche évaluative concernant le projet Québec Haïti d’ESS en agroalimentaire.
  • Revenir sur le bilan du colloque national de D&P sur les entreprises sociales tenu à Port-au-Prince en juin 2015, ainsi que sur les retombées survenues depuis.
  • Contribuer au réseautage des acteurs de l’ESS entre eux et avec les mouvements sociaux concernés en Haïti, dans la région des Caraïbes et au Québec.
  • Contribuer au développement de politiques publiques pour appuyer le renforcement des pratiques d’ESS en agroalimentaire en Haïti.
  • Établir des passerelles entre les expériences d’ESS en agroalimentaire et les ressources (étudiants, professeurs, chercheurs) des milieux universitaires haïtiens.
  • Mettre en dialogue les modèles québécois et haïtien d’ESS en faisant l’hypothèse que le modèle québécois n’a pas à être appliqué tel quel mais peut stimuler la créativité haïtienne.

Comment financer l’UE ?
Nous tenterons de mettre à contribution les ambassades canadiennes, notamment celle d’Haïti, avec leurs Fonds d’initiatives locales canadien, de même que La FAO, PAM, la Fondation Chagnon, certains réseaux universitaires, etc.

Le comité d’organisation.
Comme nous l’avons fait dans les UE antérieures, le GESQ mettra sur pied un comité d’organisation en réunissant les expertises nécessaires pour garantir le succès de l’activité. À cet effet, nous miserons particulièrement sur la synergie issue de  l’articulation entre le contenu de l’UE de septembre 2015 et celle de Port-au-Prince à l’automne 2016.


 


 

 

 


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